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Cédric, promoteur du « faire ensemble » avec Makers for Change

Organisation à but non lucratif d’intérêt général, Makers For Change met en place des projets ludiques, créatifs, éducatifs et innovants, pour l’inclusion des personnes issues de la migration forcée (personnes réfugiées ou en demande d’asile). Basée à Strasbourg, cette initiative qui a fêté ses 4 ans d’existence met tout en œuvre pour faciliter, initier et pérenniser les liens entre les personnes de tous horizons avec en toile de fond un seul créneau : le faire-ensemble. Cédric Bischetti, son fondateur a rencontré en mai 2018 le président de la République, Emmanuel Macron. Rencontre avec celui qui fait rimer entreprenariat et humanitaire.

Comment est née cette idée ?

En mai 2015, je visite le Shadok à Strasbourg. Le lieu vient d’ouvrir ses portes. J’y vais et je crois que j’ai un coup de cœur pour le lieu, le projet, les gens à qui il s’adresse. Je suis rentré chez moi avec plein d’interrogations et d’idées.  A l’époque j’étais en Master 2 de Sciences politique et relations internationales mais je ne me voyais pas chercher un boulot dans une grosse boite ou une organisation internationale. J’ai décidé de créer Makers For Change. J’ai écrit un document préparatoire et j’ai contacté un réseau international collaboratif pour soumettre mon projet. Ma demande a été diffusée dans la newsletter interne. Ça a suscité un tel débat qu’ils m’ont demandé de venir présenter mon projet devant la société.  J’ai déposé les statuts dans la foulée. Makers For Change naissait officiellement en août 2015.

Concrètement que propose Makers for change ?

De l’accompagnement et de la formation, des actions pour l’inclusion des nouveaux arrivants étrangers comme des cafés interculturels, des actions de sensibilisation et la possibilité de financer toutes les initiatives qui visent à favoriser une meilleure connaissance de la problématique des migrants et changer le regard sur les réfugiés.

Après 4 ans d’activité, quel bilan tires-tu ?

Franchement très positif. En 2018, c’est plus de 100 personnes accompagnées et de 5 000 participants à nos événements. On est passé d’un budget annuel de 35.000 euros à 110.000 euros.  Aujourd’hui, Makers For Change c’est 4 salariés, 4 jeunes volontaires en services civiques et 2 stagiaires. La part des aides gouvernementales et de subventions baissent dans notre budget annuel. Nous sommes en plein repositionnement. Actuellement, 80% de nos frais de fonctionnement sont couverts par les fonds publics, nous allons faire passer ce chiffre à 50%. Nous diversifions notre offre notamment à destination des grosses entreprises qui ont des besoins en termes d’emploi. Nous leur proposons un accompagnement afin d’embaucher des personnes éloignées du monde du travail autour notamment de la RSE.

En 2017, tu décides d’embaucher c’est un cap important ?

Oui à deux niveaux. D’abord quand vous passez du statut d’association basée sur le bénévolat à celui de structure avec des salariés permanents vous êtes pris au sérieux et les challenges deviennent de plus en plus grands.

Comment as-tu financé la création de Makers for change ?

J’ai remporté un concours d’étudiant-entrepreneur qui m’a permis de présenter un dossier pour obtenir un prêt étudiant de 15.000 €. J’avais un bon garant. Donc c’est passé.

Qu’attends-tu de ton conseiller bancaire ?

Qu’il m’accompagne dans le développement financier de la structure et qu’il puisse être de bons conseils et compréhensif quand on passe des périodes difficiles en termes de trésorerie.

D’où te vient cette appétence pour la question des réfugiés ?

Mon nom ne l’indique pas mais je suis le produit de plein d’origines.  Sur mes grands-parents, j’en ai un, d’origine espagnole, qui a fui la guerre en Algérie.  J’ai une grand-mère qui a fui le nazisme pour se réfugier dans le Sud de la France. J’ai un grand-père d’origine moldave qui a fui le régime soviétique. Cette thématique des réfugiés me touche. Je la porte en moi. Elle fait partie de mon héritage de de ma colonne vertébrale et j’ai toujours été sensible aux personnes qui sont exclues sur des motivations liées aux origines et culturelles.

Quels conseils donnerais-tu à un jeune entrepreneur qui démarre ?

Bien étudier l’écosystème dans lequel il veut évoluer. Prendre le temps de bien étudier les acteurs, les partenaires et les perspectives. J’ai zappé cette étape et ça m’a fait perdre pas mal de temps. Dans le même temps, on apprend aussi de ses erreurs. L’autre conseil c’est de bien s’entourer. Il faut vraiment réussir à emmener avec soi des gens capables de vous épauler, vous soutenir et croire en votre projet autant que vous. C’est plus que c’est des partenaires ce sont des vrais co-porteurs de votre projet.

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