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Émeline Hahn, startupeuse de haut niveau

Un débit de mitraillette, une détermination à toute épreuve, peu de choses résistent à Emeline Hahn. Cette Strasbourgeoise de 30 ans, ancienne sportive de haut niveau et chercheuse en microbiologie a mis au point, avec ses 3 associés, une sonde de rééducation du périnée couplée à une application médicale et ludique. Leur Start up « Fizimed » a brillé au CES de Las Vegas en janvier dernier et vient de lancer commercialement sa sonde Emy après seulement un an et demi d’existence. Rencontre avec la Startupeuse qui monte.

Comment est né ton projet de sonde de rééducation du périnée ?

Je suis ancienne joueuse de basket pro, mon associé faisait quant à lui du handball. On a voulu créer une attelle connectée pour permettre aux sportifs blessés de revenir plus vite sur le terrain. On a travaillé sur un prototype et quand on a présenté le projet aux kinés, ils nous ont tous dit que c’était top… mais qu’il y avait un tout autre besoin dont personne ne parlait :la rééducation périnéale ! C’est comme ça qu’on on a commencé à s’y intéresser.

On a rencontré beaucoup de femmes, de médecins. Aujourd’hui, 36% des femmes ne font pas de rééducation avec un professionnel après leur accouchement ! Et près d’une femme sur deux ne s’y est pas soumise par manque de temps. On s’est rendu compte que le problème de fuites urinaires était à la fois tabou et non-traité : on a 3 millions de femmes de tous les âges qui sont affectées par des problèmes d’incontinence urinaire. Et ça ne concerne pas seulement les personnes âgées ! Là on parle de femmes qui ont une quarantaine d’années et qui en souffrent après leur accouchement voire 5 à 10 ans après.

En fait on s’est rendu compte de l’étendue du phénomène et de l’absence de prise de conscience. On a eu envie d’aider ! Et c’est comme ça qu’on a créé la société en mars 2017.

Dans la foulée, vous organisez une campagne de financement participatif

On a récolté 17 000€ sur Kickstarter. Ça nous a permis de créer et faire tester 400 produits ainsi que de lancer un essai clinique dans une maternité. En janvier dernier, nous avons réalisée une levée de fonds de 600 000€ auprès d’investisseurs publics et privés. Et puis, il y a eu le CES de Las Vegas où nous avons présenté notre produit. L’accueil a été très favorable, la BBC nous a même désignés comme « une des Starts-up les plus cools du salon » ! Ça nous a fait bénéficier d’énormes retombées presse.

Vous avez choisi d’industrialiser le produit en France. Le made in France, c’est un argument commercial porteur ?

C’est surtout qu’on a des gens compétents qui fabriquent près de chez nous. Les savoir-faire sont là. Pourquoi a ller les chercher ailleurs ? Dans le domaine de la santé, il est primordial d’être irréprochable sur la sécurité, la qualité et la traçabilité des matériaux du produit. Nous aurions pu produire en Chine, bien entendu, mais nous avons souhaité rester fidèles à nos valeurs en proposant aux femmes un produit de qualité conçu et fabriqué en France !

C’est quoi la prochaine étape pour Fizimed ?

Travailler sur la stratégie commerciale, et pour 2019, viser le marché international. Nous vendons déjà en Belgique, en Suisse et au Luxembourg mais nous voulons voir au-delà des pays limitrophes et francophones.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune entrepreneur qui se lance ?

Bien être à l’écoute du marché. Avec notre attelle connectée, on était à côté d’un vrai besoin. C’est en écoutant les kinés et les professionnels de santé qu’on a décidé de réorienter notre projet. Ne pas se braquer sur sa première idée et trouver les ressources pour avancer dans une autre direction si besoin. Bien réfléchir avant de s’associer, il faut bien choisir celles et ceux avec qui vous allez travailler. La plupart des boîtes qui s’arrêtent ferment à cause d’un désaccord entre les associés. Chez Fizimed nous sommes 4, on s’entend bien, on est très complémentaire. C’est comme un mariage, il faut bien se choisir !

Découvre le projet d’Émeline dans son portrait Super Fläks

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