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Son job, c’est de raconter des histoires aux enfants par La Poste ✉️

On a rencontré Mélanie, chargée de communication chez Epopia depuis 2 ans et demi ! Elle nous raconte l’aventure de ce projet qui raconte des aventures aux enfants !

Epopia c’est quoi ?

Epopia, c’est le nom de notre entreprise qui envoie des histoires d’aventures à des enfants entre 5 et 10 ans, par courrier. Ils reçoivent ces aventures par La Poste, avec leurs nom et prénoms, et dans le premier courrier, on leur apprend qu’ils ont été nommés roi ou reine d’un royaume lointain, capitaine d’une mission au temps des dinosaures ou encore directeur ou directrice d’une réserve naturelle. Dans les histoires, les personnages vont s’adresser directement à l’enfant et lui demander son aide. L’enfant va alors prendre son stylo pour répondre aux courriers et décider de la suite de l’aventure. C’est une sorte de jeu de rôle par courrier postal pour inciter les enfants à lire, écrire et s’amuser.   

 

Qui est à l’origine de ce projet ?

C’est Rémy Perla qui est à l’origine d’Epopia. Informaticien de formation, un jour une de ses collègues lui raconte les soucis qu’elle rencontre avec ses enfants. Elle n’arrive pas à les amener à l’écriture et la lecture. Comme Remy était dans un cas similaire étant petit, ça l’a touché et il a réfléchi à la problématique. Il s’est souvenu d’une expérience étant petit : il avait reçu une grande enveloppe avec une clé à l’intérieur, c’était une pub pour une voiture, qui disait que grâce à cette clé, une voiture l’attendait quelque part ! Il avait trouvé ça magique même si après avoir répondu à la pub, il n’y avait  pas ni réponse ni voiture.
Quand les enfants vont à la boite aux lettres, il y a ce côté curieux « ça m’est adressé, qu’est-ce que c’est ? » C’est pour ça qu’il s’est intéressé au support papier”. Il ne manquait plus qu’à rajouter une couche de personnalisation pour l’enfant afin se reconnaître dans l’histoire dont il est le héros.

Rémy, fondateur d’Epopia

 

Vous êtes combien de petites mains à travailler là-dessus ?

Aujourd’hui, on est une vingtaine de personnes quasiment toutes salariées à part quelques freelances.
Il y a un écrivain par histoire, des relecteurs pour adapter la suite à leurs réponses, trois illustrateurs et des graphistes qui construisent des surprises. Par exemple, quand un enfant devient le roi d’un royaume, il reçoit une couronne, une carte de son territoire, des stickers et pleins de petits éléments qui participent à la magie de l’histoire. Tous ces éléments sont conçus en interne.
Nous avons aussi une bonne équipe d’informaticiens, parce qu’Epopia, même si pour les enfants c’est du papier, chez nous, c’est du numérique avec un logiciel d’intelligence rédactionnelle. Il nous permet d’insuffler de la personnalisation dans chaque histoire de chaque enfant.

 

Qu’est-ce que ça apporte le support papier ?

Sans dénoncer tout ce que le numérique apporte aujourd’hui, il y a eu cette envie essentielle de revenir au support papier pour apprendre à lire et à écrire.
Notre objectif est de prouver qu’on peut rendre une histoire interactive grâce au support papier. Pas forcément besoin d’être devant un écran pendant X heures. La personnalisation va rendre le support papier très interactif. Ça permet de décrocher un peu les enfants des écrans aussi. Ce n’est pas plus mal de pouvoir encore proposer ça de nos jours…
Notre volonté c’est de faire rêver, lire et écrire les enfants grâce au courrier. On aimerait que ça reste tel quel sur le support papier…
Comme vous avez pu le lire dans l’article de Pokaa, l’objectif final c’est de racheter Disney ou que JK Rowling tape à notre porte pour nous demander de faire le 9e tome d’Harry Potter en version courrier pour que chaque enfant puisse devenir ministre de la magie… On y croit vraiment !

 

C’est quoi le truc le plus bizarre qu’un enfant vous ait demandé ?

Il y en a tellement ! Certains enfants écrivent tout seuls leurs réponses. Ils intègrent parfois leurs propres blagues et c’est très drôle parce que ça fait souvent un bide. Avec les parents derrière pour les plus petits, ça donne aussi des choses étranges. Par exemple, à la fin d’une lettre on a déjà eu « est-ce que tu peux donner ton 06 à Tonton Seb’ ? »… Des fois on reçoit des photos, des cadeaux etc… D’ailleurs, nous ne savons pas toujours ce qu’il y a dedans, quand c’est de la nourriture, nous nous demandons si c’est vraiment comestible … Quand les écrivains trouvent quelque chose de marrant, tout le bureau est vite au courant.

Qu’est-ce qu’il faut pour une bonne histoire ?

Les ingrédients c’est d’abord un petit peu de fun ! Il faut que ce soit rigolo, qu’il se passe des choses. Nous essayons de faire en sorte que les histoires ne soient pas genrées, c’est-à-dire qu’elles s’adressent aussi bien aux filles qu’aux garçons pour que tout le monde puisse s’y retrouver. Nous y mettons quelques blagues, de la magie, du fantastique… pour pouvoir travailler leur imaginaire. Comme ce sont eux les héros, ils vont vivre de grandes choses ! Ils sont quand même à la tête d’un royaume, ce n’est pas rien !

 

Qu’est-ce qui vous rend confiant pour le futur ?

Nous remarquons qu’il y a de plus en plus d’enfants inscrits et les retours des parents sont très positifs. Nous avons des témoignages d’amour un peu tous les jours et ça fait plaisir. C’est assez rare d’avoir un aussi bon taux de satisfaction. Rien que ça, ça nous donne confiance en l’avenir.
Les retours et les 200/300 lettres d’enfants que nous recevons chaque jour…  nous invite à pousser le concept plus loin. Des parents inscrivent leurs enfants de partout dans le monde, nous comptabilisons plus de 65 pays. Demain, il y a un potentiel énorme pour s’intéresser au monde entier et proposer nos histoires.

 

Découvre l’interview super Fläks de Remy Perla, fondateur d’Epopia ici 👇