Ici je peux

Toutes les news des jeunes qui se bougent et qui osent

Sikle transforme les ordures en verdure

Joakim Couchoud voit vite et loin. Après un cursus franco-allemand en économie-gestion, le jeune homme de 29 ans s’oriente vers l’environnement via la formation d’éco-conseiller. Sa passion pour le vélo et son envie de valoriser les déchets le pousse à mettre en place SIKLE – Les Composteurs de Strasbourg. Cette jeune entreprise locale et sociale a pour but de collecter et valoriser localement les déchets organiques des professionnels, comme les restaurateurs, les bureaux d’entreprise et les commerces alimentaires. En détournant les déchets organiques de l’incinération grâce à une logistique faible émissions, SIKLE participe à l’amélioration de la qualité de l’air et favorise l’agriculture urbaine.

Comment est née cette idée de compostage urbain ?

Joakim Couchoud : Je me suis rendu compte que la plupart des déchets organiques des restaurateurs partaient à l’incinération. Pourtant, ils contiennent jusqu’à 80% d’eau et pourraient être une ressource pour notre sol. C’est un non-sens. C’est pourquoi j’ai mis au point cette solution de collecte des déchets organiques pour permettre aux restaurateurs, même les plus petits, de réduire leur impact environnemental. Pour travailler efficacement et en cohérence avec la valorisation de proximité, la logistique à vélo s’est imposée comme évidente.

Aujourd’hui, vous travaillez avec combien de restaurateurs ?

Joakim Couchoud : Nous nous commencé les collectes fin janvier 2019. Jusqu’au premier trimestre 2020, nous sommes sur une phase expérimentale. Actuellement, nous avons 7 établissements partenaires. Notre objectif pour 2019 est d’arriver à 15 établissements collectés. Cette phase est cruciale, elle va nous permettre d’avoir de la visibilité, de vérifier nos hypothèses de départ sur la viabilité du projet. A ce jour, nous avons collecté 863 kg de déchets. Notre objectif à terme est de 10 tonnes par semaine.

Quelle a été la mise de départ pour lancer votre activité ?

Joakim Couchoud : Nous travaillons en lien avec l’Eurométropole et la Ville de Strasbourg qui nous a soutenus pour les premiers investissements et la mise à disposition de lieux. Mon salaire à plein temps est financé jusqu’à cet été par le Fonds Social Européen. Au total, l’aide pour permettre une étude-action sur les 8 premiers mois d’existence est de 40.000 euros. Mais l’investissement est aussi humain puisque nombre de personnes s’implique dans cette démarche, notamment un groupe de 10 bénévoles.

Nous sommes à la recherche de financements pour la deuxième phase de développement, pour investir et démarrer le changement d’échelle.

A combien avez-vous fixé l’abonnement à votre service ?

Joakim Couchoud : La facturation dépend de la quantité réellement collectée et de la fréquence des collectes. Les abonnements vont de 50 à 150 € par mois en moyenne, ce qui correspond à environ 5 ou 10 centimes par couvert.

Pourquoi avoir opté pour le vélo comme moyen de collecte ?

Joakim Couchoud : C’est un ensemble de raisons. D’abord, la première est que le vélo a toujours fait partie de ma vie. C’est un moyen de transport rapide qui nécessite peu d’investissement de départ. De plus, il nous permet de collecter à toute heure de la journée, en cohérence avec les politiques de lutte contre les émissions de polluants. L’aspect visibilité est important aussi : l’objectif est de valoriser les déchets en tant que ressource et donc de porter l’idée d’une économie circulaire qui nous concerne tous. Et puis même si nous avons investi dans une remorque électrique, le vélo est un mode actif, ouvert sur l’extérieur.

Quels conseils donnerais-tu à un jeune entrepreneur qui démarre ?

Je démarre moi-même, je ne me sens pas du tout l’âme d’un conseilleur. Je crois que ce qui aide c’est d’avoir une vision claire de son projet et d’en mesurer toutes les dimensions pas seulement financières. Garder à l’esprit mon but d’apporter ma pierre à la transition écologique m’aide. Et puis s’inscrire dans un réseau plus global d’entrepreneur permet de créer une synergie et une émulation.

Découvre le portrait de Joakim 👇 :

Retrouve tous les portraits des jeunes qui se bougent en Alsace et dans les Vosges sur la page Facebook de Fläks !